Le Rosaire de l’Amour

 

e « ROSAIRE DE L'AMOUR » que nous proposons est tout entier jailli du Cœur de Jésus dans ses confidences à sa privilégiée, Sœur Josefa Menendez.

La force de cet « APPEL A L'AMOUR » lui vient de ce qu'il explicite sous une forme nouvelle, le plus pur Evangile.

Le désir de Pie XII était de le voir se pro­pager dans le monde, sanctionnant ainsi de son autorité apostolique, la valeur de ce Message.

« Mes paroles, a dit Jésus, auront une telle force et ma grâce les accompagnera de telle manière, que les âmes les plus obstinées seront vaincues par l'amour ».

 

 

MYSTERES JOYEUX

 

ci commence l'Histoire de l'Amour descendu dans la nuit du monde.

Il est la Lumière et Il vient à la recontre des âmes assises dans les ténèbres de la mort. Ses pas sont des pas de géants dans l'amour et chacune de ses démarches ici-bas va révéler à la terre la bonne nouvelle, la grande joie :

DIEU EST AMOUR !

 

 

 

 L'Annonciation,Bicci di Lorenzo, 1373-1452,

 

I - L'ANNONCIATION : L'amour ! Voilà l'Amour !

« L'amour, dit Jésus, inclina le Père à donner son Fils pour le salut de l'homme. L'amour fit qu'une Vierge très pure accepta toutes les souf­frances que la Maternité divine devait lui impo­ser. L'amour me fit embrasser toutes les misères de la nature humaine.

Je cherche l'amour et je viens redire ce que je veux, ce que je supplie que l'on me donne : l’amour et l'amour seul. »

Vierge de l'Annonciation, faites que très nombreuses soient les âmes qui entendront cet appel.

II - LA VISITATION : L'AMOUR a soif des âmes

« Ecoute les battements de mon cœur…

Aide-moi, aide-moi à découvrir mon Cœur aux hommes. Rien, sans doute, ne manque à ma béa­titude. Mais j'ai besoin des âmes. J'ai soif des âmes et je veux les sauver.

Aux âmes que vous approchez inculquez l'amour et la confiance. Baignez-les dans l'amour. Dites toujours aux âmes qu'elles ne craignent pas, puisque je suis un Dieu d'amour. »

Vierge de la Visitation, qu'à votre exemple nous soyons au milieu d'un monde rempli de haine, les messagers de l'amour.

III - LA NATIVITE : L'Amour se fait l'un de nous

« Je suis Jésus, le Fils de la Vierge immaculée, la seconde Personne de la Très Sainte Trinité ... Jésus, le Fils de Dieu et Dieu lui-même ... Tu vois comme j'ai voulu me faire petit !

Ame chérie, je veux que tu sois plus petite encore par ta simplicité, ton humilité, ta promp­titude à obéir ».

Vierge de la Nativité, que dans notre monde pétri d'orgueil, nous soyons ces âmes de « bonne volonté » dont les anges ont chanté le bonheur en la nuit de Noël !

IV - LA PRESENTATION

« Aux âmes je ne demande rien de ce qu'elles n'ont pas. Ce que j'exige c'est qu'elles me don­nent tout ce qu'elles possèdent, car tout m'ap­partient.

Si elles n'ont que misères et faiblesses, je les désire ... Si elles n'ont que fautes et péchés, je les demande, je supplie qu'on me les donne ...

Donnez-moi votre cœur vide et je le remplirai ...

Donnez-le moi dénué de tout et je le revêtirai. ..

Donnez-le moi avec vos misères et je les consumerai... »

O Jésus, nous nous offrons à vous avec nos misères et nos péchés : Pardonnez-nous, aimez­-nous, sanctifiez-nous.

V - LE RECOUVREMENT DE JESUS AU TEMPLE

« Que de jours, que de mois, que d'années, j'appelle les âmes et elles ne me répondent pas ... Toi, du moins, console-moi en m'appelant et en me désirant.       

            « Désire-moi comme je te désire… 

            Aime-moi comme je t'aime…          

Cherche-moi comme je te cherche » ...

Vierge du recouvrement, obtenez-nous de rechercher Jésus toujours dans les enseignements de son Eglise et dans les Sacrements.

 

 

MYSTERES DOULOUREUX

 

ci se poursuit l'Histoire de l'Amour s'im­molant pour la vie du monde.

Lui qui n'a répandu que l'amour, Il est victime de la haine ...

Lui qui apporte la paix au monde, Il est l'objet de la cruauté la plus acharnée ...

Lui qui vient rendre la liberté aux hommes, Il est emprisonné, lié, et meurt cloué à la Croix ...

Mais l'amour méconnu n'a qu'un mot de vengeance :

« Croyez à mon amour et à ma miséricorde ...

Vous m'avez offensé : Je vous pardonne !

Vous m'avez persécuté : Je vous aime !

Vous m'avez blessé : Je vous ouvre mes Trésors !  »

 

 L'Agonie de Jésus, Duccio di Buoninsegna 1255-1318,

 

I - L'AGONIE : L'Amour prend sur Lui les péchés du monde

« Sous ce fardeau d'ignominie, je sentis fondre sur moi la colère d'un Dieu offensé et irrité.

Sous le poids de tant de crimes ma nature humaine fut saisie d'une telle angoisse et d'une si mortelle agonie, que tout mon corps fut couvert d'une sueur de sang !

O pécheurs qui me faites ainsi souffrir… ce Sang vous donnera-t-il le salut et la vie… ou sera-t-il perdu pour vous ?

O mon Père, ayez pitié des âmes. Ne les châtiez pas comme elles le méritent. Mais faites ­leur miséricorde comme votre Fils vous en supplie ! »

II - LA FLAGELLATION

« Sur mon corps couvert de meurtrissures et brisé de fatigues, les bourreaux déchargent avec la plus cruelle frénésie leurs verges et leurs fouets ... Le sang jaillit de tous mes pores. Je suis réduit à un état si pitoyable que je n'ai même plus l'apparence d'un homme ! ...

« Ah! pourrez-vous me contempler dans cet océan d'amertume sans que votre cœur ne s'émeuve de compassion?

« Regardez mes blessures et voyez s'il est quelqu'un qui ait autant souffert pour vous prouver son amour ! »

O Dieu de miséricorde, ayez pitié de notre fragilité et accordez-nous la grâce de nous vaincre.

III - LE COURONNEMENT D'EPINES

« Les bourreaux se sont lassés à force de frapper... Ils tressent une couronne d'épines, l'enfoncent sur ma tête et défilent devant moi en disant : « Roi, nous te saluons ! »

« Les uns m'insultent, les autres me frappent à la tête et chacun ajoute une nouvelle douleur à celles qui, déjà, épuisent mon corps.

« Contemplez-moi, âmes que j'aime… couronné d'épines, revêtu d'un manteau d'écar­late, salué comme un roi dérisoire ... et tenu pour un fou.

« Moi qui suis le Fils de Dieu, le soutien de l'univers, j'ai voulu passer aux yeux des hommes comme le dernier et le plus méprisable de tous ! ... »

O Père très saint, recevez en expiation de notre orgueil et de notre indépendance, la tête transpercée d'épines de votre divin Fils.

IV - LE PORTEMENT DE LA CROIX

« Contemple-moi sur le chemin du Calvaire chargé de la lourde Croix ..

« Derrière moi Simon m'aide à la porter ... « Il y a des âmes qui ne m'aident à porter qu'une petite partie de ma croix... et dans l'éternité elles verront combien loin, en arrière, elles sont restées sur le chemin ...

« Avance encore avec moi, tu rencontreras ma Très Sainte Mère. Le cœur transpercé de douleur, elle vient au-devant de moi pour repren­dre, à la vue de son Dieu, la force de souffrir, et pour donner à son Fils, par son attitude héroïque, le courage de poursuivre et d'achever l'Œuvre de la Rédemption. »

Père éternel, par les mérites d'une si grande douleur, accordez-nous la patience dans toutes nos croix.

V - LE CRUCIFIEMENT

« L'heure est arrivée ! Les bourreaux m'étendent sur la Croix ...

« Entendez le premier coup de marteau qui cloue ma main droite ... Ecoutez encore, ils fixent ma main gauche ...

« Ils tirent cruellement mes pieds...  Mes plaies s'ouvrent, mes nerfs se rompent, mes os se déboîtent ... la douleur est intense.

« Mes pieds sont transpercés et mon Sang baigne la terre,

« Un Dieu est cloué sur la croix !

« Contemple-Le, toi que j'aime ... Il est sans mouvement, sans vêtements, sans honneur et sans liberté … Tout lui a été arraché ...

« Si tu m'aimes, que ne feras-tu pas pour me ressembler ? Qu'épargneras-tu pour me consoler ? Refuseras-tu quelque chose à mon amour ? »

 

MYSTERES GLORIEUX

 

ci l'Histoire de l'Amour raconte le triom­phe du Rédempteur, Il remonte à son Père. Il entraîne sa Mère dans le sillage de sa gloire.

Sa Mère présidera aux effusions de sa grâce, car Il L'a couronnée dans son royaume Reine du monde, Mère des Ames et Médiatrice de l'Amour.

 

 

 La Résurrection, Duccio di Buoninsegna, 1255-1318,

 

I - LA RESURRECTION

« Vainqueur de la mort ... Mes mains sont à toi pour te soutenir ... Mes pieds pour te suivre sans jamais te laisser seul ... Mon Cœur, ouvert pour toujours, est le Volcan divin où Je veux que s'embrasent les âmes ... »

Que votre amour, O Jésus, soit le soleil qui éclaire et réchauffe nos âmes.

II - L'ASCENSION

« Dans mon Royaume, c'est Moi qui te présenterai devant la Cour céleste. C'est Moi qui prépare la tunique dont je te revêtirai. Elle est tissée du plus précieux de mes mérites et teinte dans la pourpre de mon Sang.

« Mes lèvres imprimeront sur ton âme le baiser de la paix et de l'amour. Ne crains rien. Je ne t'abandonnerai pas jusqu'à ce que Je t'ai conduit dans le séjour des clartés éternelles. »

Seigneur Jésus, faites que vos paroles se réalisent pour chacun d'entre nous.

III - LA PENTECÔTE

« La grâce divinise la nature humaine. Ainsi Dieu réside dans l'âme où réside la grâce. Cette âme est la demeure de la Trinité Sainte où les trois Personnes Divines se reposent et dont Elles font leurs délices.

« Un pas que l'on fait, une paille que l'on ramasse, un regard retenu, un service rendu, un sourire aimable, tout cela offert à l'Amour est de grand profit pour les âmes. »

O Notre-Dame de la Pentecôte, obtenez-­nous une union toujours plus étroite avec la Tri­nité Sainte.

IV - L'ASSOMPTION

« C'est vraiment au jour de mon Assomption que la joie pleine et sans mélange a commencé pour moi ... Quel long exil sans mon Jésus ... et comme il tardait à venir !

« Mais quelle admiration, quelle adoration et quelle douceur quand mes yeux virent pour la première fois dans sa gloire et dans sa majesté, au milieu des armées angéliques, mon Fils, mon Dieu ! »

O Notre-Dame, que votre bonheur soit le nôtre à tous un jour !

 

 

Pape Pie XII en prière

 

 

V - LE COURONNEMENT DE MARIE

« Que dire de l'étonnement dont je fus saisie à la vue de mon extrême bassesse cou­ronnée par mon divin Fils et environnée de tant d'acclamations.

« Plus de tristesse !... plus de mélange !...

Tout est douceur, tout est gloire ... tout est amour !

« Mon enfant, tout passe et la béatitude n'a pas de fin. Souffre et aime. Mon Fils cou­ronnera bientôt tes efforts et tes labeurs.

« Reste-Lui bien fidèle et ne Lui refuse rien. Courage ! Courage ! Générosité et amour !... L'hiver de la vie est court et le printemps sera éternel ! »

« Soyez bénie et louée, Mère de mon Rédempteur, Mère des pauvres pécheurs !

Je vous salue et je me réjouis à la vue de tels dons que vous a faits le Tout-Puissant et de tant de prérogatives dont il vous a couronnée.

Je vous salue au nom de tous les hommes, de tous les saints et de tous les .anges.

Je vous salue et je vous aime par votre divin Fils.

Je vous salue avec la pureté de l'Esprit­-Saint et la sainteté de la Trinité adorable.

O Vierge incomparable, Mère tendre et chérie, je vous salue nuit et jour et dans le temps et l'éternité ! »

Extrait de ‘Un appel à l'Amour ’. Josefa Menéndez

avec l'Imprimatur Julius Geroldus Soliège.

Archevêque de Toulouse, 2 Janvier 1944