Leon XIII & le Rosaire

 

e Pape Léon XIII a beaucoup écrit sur le Rosaire. Voici la liste de ses encycliques Mariales.

1) Encyclique Supremi apostolatus Officio (1er septembre 1883)

2) Bref Pontifical Salutaris Ille Spiritus (24 décembre 1883)

3) Encyclique Superiore Anno (30 août 1884)

4) Décret de la Congrégation des Rites sur la fête de N.-D. du Rosaire (11 septembre 1887)

5) Encyclique Quamquam Pluries sur le patronage de St Joseph et de la Sainte Vierge (15 août 1889)

6) Encyclique Octobri Mense (22 septembre 1891)

7) Encyclique Magnae Dei Matris (8 septembre 1892)

8) Encyclique Laetitiae Sanctae (8 septembre 1893)

9) Encyclique Jucunda Semper Expectatione (8 septembre 1894)

10) Encyclique Adiutricem populi christiani (5 septembre 1895)

11) Encyclique Fidentem Piumque Animum (20 septembre 1896)

12) Encyclique Augustissimae Virginis Mariae (12 septembre 1897)

13) Encyclique Diuturni Temporis (5 septembre 1898)

14) Lettre Apostolique Parta Humano Generi (8 septembre 1901) relative à la consécration de l'église du Rosaire, à Lourdes

Nous avons extrait de ces document ce qui nous a semblé utile pour mieux comprendre le Rosaire, et nous vous présentons le texte original sous forme de citations, classées par encyclique. Bonne lecture! 

 

 

Léon XIII


 

.....Nous estimons que rien ne saurait être plus efficace et plus sûr que de Nous rendre favorable, par la pratique religieuse de son culte, la sublime Mère de Dieu, la Vierge Marie, dépositaire souveraine de toute paix et dispensatrice de toute grâce, qui a été placée par son divin Fils au faîte de la gloire et de la puissance, afin d'aider du secours de sa protection les hommes s'acheminant, au milieu des fatigues et des dangers, vers la Cité Eternelle.

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Ce fut toujours le soin principal et solennel des catholiques de se réfugier sous l'égide de Marie et de s'en remettre à sa maternelle bonté dans les temps troublés et dans les circonstances périlleuses. Cela prouve que l'Eglise catholique a toujours mis, et avec raison, en la Mère de Dieu, toute sa confiance et toute son espérance. En effet, la Vierge exempte de la souillure originelle, choisie pour être la Mère de Dieu, et par cela même associée à lui dans l'œuvre du salut du genre humain, jouit auprès de son Fils d'une telle faveur et d'une telle puissance que jamais la nature humaine et la nature angélique n'ont pu et ne peuvent les obtenir...

Contre le fléau des hérétiques Albigeois, Dieu a suscité, dans sa miséricorde, l'insigne père et fondateur de l'Ordre dominicain. Ce héros, grand par l'intégrité de sa doctrine, par l'exemple de ses vertus, par ses travaux apostoliques, s'avança contre les ennemis de l'Eglise catholique, animé de l'Esprit d'en haut; non avec la violence et avec les armes, mais avec la foi la plus absolue en cette dévotion du Saint Rosaire que le premier il a divulguée et que ses enfants ont portée aux quatre coins du monde. Il prévoyait, en effet, par la grâce divine, que cette dévotion, comme un puissant engin de guerre, mettrait en fuite les ennemis et confondrait leur audace et leur folle impiété. Et c'est ce qu'a, en effet, justifié l'événement.

Grâce à cette nouvelle manière de prier, acceptée et ensuite mise régulièrement en pratique, par l'institution de l'Ordre du saint Père Dominique, la piété, la bonne foi, la concorde commencèrent à reprendre racine, et les projets des hérétiques, ainsi que leurs artifices, à tomber en ruines. Grâce à elle encore, beaucoup d'égarés ont été ramenés à la voie droite; et la fureur des impies a été réfrénée par les armes catholiques qui avaient été levées pour repousser la force par la force.

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L'efficacité et la puissance de cette prière ont été aussi expérimentées au XVIe siècle, alors que les armées innombrables des Turcs étaient à la veille d'imposer le joug de la superstition et de la barbarie à presque toute l'Europe. ........Aussi les fidèles du Christ, décidés à verser leur sang et à sacrifier leur vie pour le salut de la religion et de leur patrie, marchaient sans souci du nombre aux ennemis massés non loin du golfe de Corinthe ; pendant que les invalides, pieuse armée de suppliants, imploraient Marie, saluaient Marie, par la répétition des formules du Rosaire et demandaient la victoire de ceux qui combattaient.

La Souveraine ainsi suppliée ne resta pas sourde, car l'action navale s'étant engagée auprès des îles Echinades (Curzolaires) la flotte des chrétiens, sans éprouver elle-même de grandes pertes, remporta une insigne victoire et anéantit les forces ennemies.

C'est pourquoi le même Souverain et saint Pontife, en reconnaissance d'un bienfait si grand, a voulu qu'une fête en l'honneur de Marie Victorieuse, consacrât la mémoire de ce combat mémorable. Grégoire XIII a consacré cette fête en l'appelant fête du Saint Rosaire.......

 

Par conséquent, puisqu'il est bien reconnu que cette formule de prière est particulièrement agréable à la Sainte Vierge, et qu'elle est surtout propre à la défense de l'Eglise et du peuple chrétien en même temps qu'à attirer toutes sortes de bienfaits publics et particuliers, il n'est pas surprenant que plusieurs autres de nos prédécesseurs se soient attachés à la développer et à la recommander par des éloges tout spéciaux.

Urbain IV a attesté que, chaque jour, le Rosaire procurait des avantages au peuple chrétien.

Sixte IV a dit que cette manière de prier est avantageuse à l'honneur de Dieu et de la Sainte Vierge, et particulièrement propre à détourner les dangers menaçant le monde;

Léon X a déclaré qu'elle a été instituée contre les hérésiarques et les hérésies pernicieuses;

Jules III l'a appelée la gloire de l'Église.

Saint Pie V a dit aussi, au sujet du Rosaire, que, dans la divulgation de cette sorte de prières, les fidèles ont commencé à s'échauffer dans la méditation, à s'enflammer dans la prière, puis sont devenus d'autres hommes; les ténèbres de l'hérésie se sont dissipées, et la lumière de la foi catholique a brillé de tout son éclat.

Enfin, Grégoire XIII a déclaré à son tour que le Rosaire avait été institué par Saint Dominique, pour apaiser la colère de Dieu et implorer l'intercession de la Bienheureuse Vierge Marie.....

La formule du Saint-Rosaire a été composée de telle manière par saint Dominique, que les mystères de Notre salut y sont rappelés dans leur ordre successif, et que cette manière de méditation est entremêlée et comme entrelacée par la prière de la Salutation angélique, et par une oraison jaculatoire à Dieu, le Père de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Nous qui cherchons un remède à des maux semblables, Nous avons le droit de croire qu'en Nous servant de la même prière qui a servi à saint Dominique pour faire tant de bien à tout le monde catholique, Nous pourrons voir disparaître de même les calamités dont souffre Notre époque

 

Vierge apprenant à lire à l'Enfant

(Madone au livre)- 1480- Botticelli

Musée Poldi Pezzoli, Milano

 

 

 

 

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Or, parmi les formules et les modes de prières pieux et salutaires, usités dans l'Eglise catholique, celui qui est désigné par le nom de Rosaire de Marie est recommandable à beaucoup de titres ; particulièrement comme nous l'avons rappelé dans Notre Lettre encyclique, à ce titre principal que le Rosaire a été surtout institué pour implorer l'aide de la Mère de Dieu contre les ennemis de la religion catholique ; et, à ce point de vue, personne n'ignore qu'il a été souvent d'un puissant secours pour écarter les calamités de l'Église. Il convient donc parfaitement, non seulement à la piété des particuliers, mais à la condition publique des temps, de rétablir cette forme de prière dans le degré d'honneur qu'elle a longtemps occupé, alors que chaque famille chrétienne n'eût pas voulu laisser passer un seul jour sans réciter le Rosaire. Pour ces mêmes motifs, Nous exhortons tous les fidèles et Nous les conjurons de prendre et de conserver la pieuse habitude de la récitation quotidienne du Rosaire : en même temps Nous déclarons qu'il est dans Notre désir que le Rosaire soit récité tous les jours dans l'Eglise principale de chaque diocèse, et chaque jour de fête dans les églises paroissiales. Pour l'établissement et le maintien de cet exercice de piété, les Ordres religieux pourront être d'une grande utilité et principalement, comme par droit personnel, l'Ordre des Dominicains : Nous sommes certains que nul d'entre eux ne manquera à une si utile et si noble mission.
Nous donc, pour honorer l'auguste Marie, Mère de Dieu ; pour consacrer à perpétuité le souvenir du secours imploré de son Cœur très pur, sur toute la surface de la terre, pendant le mois d'octobre ; pour conserver le perpétuel témoignage de l'espérance sans bornes que Nous plaçons en notre très tendre Mère ; pour solliciter de plus en plus sa faveur et son aide, Nous voulons et Nous décrétons que, dans les Litanies de Lorette, après l'invocation Reine conçue sans la tache originelle, soit ajoutée cette autre invocation : Reine du très saint Rosaire, priez pour nous.
Nous voulons que ces Lettres demeurent dans la postérité confirmées et ratifiées, comme elles le sont présentement : Nous déclarons nul et sans effet tout ce qui pourrait être attenté contre elles : nonobstant toutes choses contraires.

 

 

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Il faut donc avoir soin, dans ces temps lamentables pour l'Église, de conserver avec zèle et piété la très sainte pratique du Rosaire de Marie, d'autant plus que ces prières, étant composées de manière à rappeler dans leur ordre les mystères de notre salut, sont très propres à nourrir l'esprit de piété.
En ce qui concerne l'Italie, il faut implorer pour elle, par la récitation du Rosaire, l'aide de la Vierge très puissante, maintenant surtout qu'une calamité n'en est plus à nous menacer et à fondre inopinément sur nous, mais nous a déjà atteints. Car la peste asiatique ayant franchi, par la volonté de Dieu, les limites que la nature semblait lui avoir posées, a envahi les très célèbres ports du golfe de Gaule, et de là les contrées limitrophes de l'Italie. Il faut donc recourir à Marie, à celle que l'Église appelle à juste titre salutaire, auxiliatrice, protectrice, afin qu'elle daigne nous apporter le secours que nous aurons imploré par les prières qui lui sont les plus agréables, et éloigner de nous le fléau
contagieux. ....

 

 

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Sa Sainteté Léon XIII, par un privilège dont jouissent déjà plusieurs églises particulières, ordonne de célébrer désormais dans toute l'Eglise, sous le rite de seconde classe, ladite solennité et l'office de Notre-Dame du Rosaire fixé au premier dimanche d'octobre.

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Vierge à l'Enfant et 3 anges

(Madone au baldaquin)- vers 1493, Botticelli

Pinacoteca Ambrosiana, Milano

 

 


Encyclique Quamquam Pluries sur le patronage de St Joseph et de la Sainte Vierge (15 août 1889)

 

 

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Nous savons qu’un refuge nous a été préparé dans la bonté maternelle de la Vierge et Nous tenons pour absolument certain que Nous ne plaçons pas vainement Nos espérances en elle. Si tant de fois elle a manifesté son assistance dans les grandes épreuves subies par le monde chrétien, pourquoi douter qu’elle en renouvelle les témoignages de sa puissance et de sa faveur, lorsque d’humbles et constantes prières lui sont adressées ? Bien plus, Nous croyons que son intervention sera d’autant plus éclatante qu’elle aura voulu se laisser plus longtemps implorer.


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On peut, avec non moins de vérité, affirmer que, par la Volonté de Dieu, Marie est l'intermédiaire par laquelle nous est distribué cet immense trésor de grâces accumulé par Dieu, puisque la grâce et la vérité ont été créées par Jésus-Christ (Jean. I, 17); ainsi, de même qu'on ne peut aller au Père suprême que par le Fils, on ne peut arriver au Christ que par Sa Mère.
Qu'elles sont grandes, la sagesse, la miséricorde qui éclatent dans ce dessein de Dieu! Quelle convenance avec la faiblesse et la fragilité de l'homme ! Nous croyons à la bonté infinie du Très-Haut et nous la célébrons; nous croyons aussi à Sa justice infinie et nous la redoutons. Nous adorons le Sauveur très aimé, prodigue de Son Sang et de Sa vie; nous craignons Sa justice inexorable. C'est pourquoi ceux dont les actions troublent la conscience ont un absolu besoin d'un intercesseur et d'un patron puissant en faveur auprès de Dieu, et d'une bienveillance assez grande pour ne pas rejeter la cause des plus désespérés et pour relever jusqu'à l'espoir de la clémence divine les affligés et les abattus. Marie est notre glorieux intermédiaire; Elle est puissante, Mère du Dieu tout-puissant; mais ce qui est encore plus doux, Elle est bonne, d'une bienveillance extrême, d'une indulgence sans bornes. C'est ainsi que Dieu nous L'a donnée : L'ayant choisie pour Mère de Son Fils unique, Il Lui a inculqué des sentiments tout maternels, qui ne respirent que l'amour et le pardon; telle, de Son côté, Jésus-Christ L'a voulue, puisqu'Il a consenti à être soumis à Marie et à Lui obéir comme un Fils à Sa Mère; telle aussi Jésus L'a annoncée du haut de la Croix, quand Il a confié à Ses soins et à Son amour la totalité du genre humain dans la personne du disciple Jean; telle enfin Elle S'est donnée Elle-même en recueillant avec courage l'héritage des immenses travaux de Son Fils, et en rapportant aussitôt sur tous le legs de Ses devoirs maternels.

Or, entre les diverses formules et manières d'honorer la divine Marie, il en est qu'il faut préférer, puisque nous savons qu'elles sont plus puissantes et plus agréables à notre Mère; et c'est pourquoi Nous Nous plaisons à désigner en particulier et à recommander tout spécialement le Rosaire. Le langage vulgaire a donné le nom de couronne à cette manière de prier, parce qu'elle rappelle, en les réunissant par les plus heureux liens, les grands mystères de Jésus et de Marie, leurs joies, leurs douleurs et leurs triomphes. Le souvenir de la pieuse contemplation de ces augustes mystères, médités dans leur ordre, peut procurer aux fidèles un admirable secours, aussi bien pour alimenter leur foi et la protéger contre la contagion des erreurs que pour relever et entretenir la vigueur de leur âme.

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Actuellement, l'esprit humain est impuissant à pénétrer la profondeur des desseins de la Providence; mais il viendra un jour où, dans Sa grande bonté, Dieu montrant à découvert les causes et les conséquences des événements, il apparaîtra clairement combien l'office de la prière aura eu de puissance à cet égard et que de choses utiles il aura obtenues. On verra alors que c'est grâce à la prière qu'au milieu de la corruption si grande d'un monde dépravé, beaucoup se sont gardés intacts et se sont préservés de toute souillure de la chair et de l'esprit, accomplissant leur sanctification dans la croyance de Dieu (II Corinth., VII, 1); que d'autres, au moment où ils allaient se laisser entraîner au mal, se sont soudain retenus et ont puisé dans le danger et dans la tentation même d'heureux accroissements de vertu; que d'autres enfin, qui avaient succombé, ont senti dans leur âme une certaine sollicitation à se relever et à se jeter dans le sein du Dieu de miséricorde.


 
 
Vierge à l'Enfant et 5 anges

(Madone du Magnificat)- 1480- Botticelli

Musée des offices Florence

 

 

 

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Or, pour apaiser la justice de Dieu offensé et pour procurer à ceux qui souffrent la guérison dont ils ont besoin, rien ne vaut mieux que la prière pieuse et persévérante, pourvu qu’elle soit unie avec le souci et la pratique de la vie chrétienne, ce que Nous croyons devoir être principalement obtenu par le Rosaire en l’honneur de Marie.
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Et, en effet, lorsque nous nous confions à Marie par la prière, nous nous confions à la Mère de la Miséricorde, disposée de telle sorte à notre égard que, quel que soit le besoin qui nous presse, surtout pour l’acquisition de la vie immortelle, aussitôt, de son propre mouvement, même sans être appelée, elle vient toujours à notre aide, et elle nous donne du trésor de cette grâce dont elle reçut de Dieu, dès le principe, la pleine abondance, afin de devenir digne d’être sa mère. Cette surabondance de la grâce, qui est le plus éminent des nombreux privilèges de la Vierge, l’élève de beaucoup au-dessus de tous les hommes et de tous les anges et la rapproche du Christ plus que toutes les autres créatures

 


Lors donc que nous la saluons pleine de grâce par les paroles de l’ange et que nous tressons en couronne cette louange répétée, il est à peine possible de dire combien nous lui sommes agréables et nous lui plaisons : chaque fois, en effet, nous rappelons le souvenir de sa sublime dignité, et de la rédemption du genre humain que Dieu a commencée par elle ; par là aussi se trouve rappelé le lien divin et perpétuel qui l’unit aux joies et aux douleurs, aux opprobres et aux triomphes du Christ pour la direction et l’assistance des hommes en vue de l’éternité.


Ajoutons qu’elle voit et qu’elle connaît beaucoup mieux que toute autre ce qui nous concerne : les secours dont nous avons besoin dans la vie présente, les périls publics ou privés qui nous menacent, les difficultés et les maux dans lesquels nous nous trouvons, surtout la vivacité de la lutte pour le salut de notre âme contre des ennemis acharnés ; en tout cela et dans les autres épreuves de la vie, bien plus que toute autre elle peut et elle désire apporter à ses fils chéris la consolation, la force, les secours de tout genre. C’est pourquoi adressons-nous à Marie hardiment et avec ardeur, la suppliant par ces liens maternels qui l’unissent si étroitement à Jésus et à nous ; invoquons avec piété son assistance par la prière qu’elle-même a désignée et qui lui est si agréable ; alors nous pourrons nous reposer avec sécurité et allégresse dans la protection de la meilleure des mères.

 
Vierge à l'Enfant et 6 anges

(Madone à la grenade)-vers 1487, Botticelli
 
Musée des Offices, Florence
 

A ce titre de recommandation pour le Rosaire qui ressort de la prière même qui le compose, il faut ajouter qu’il offre un moyen pratique facile d’inculquer et de faire pénétrer dans les esprits les dogmes principaux de la foi chrétienne ; ce qui est un autre titre très noble de recommandation.

Le Rosaire, en effet, avec une très belle et fructueuse prière revenant dans un ordre réglé, amène à contempler et à vénérer successivement les principaux mystères de notre religion : ceux, en premier lieu, par lesquels le Verbe s’est fait chair, et Marie, mère et toujours vierge, accepte avec une sainte joie cette maternité ; ensuite les amertumes, les tourments, le supplice du Christ souffrant, qui ont payé le salut de notre race ; puis ses mystères glorieux, son triomphe sur la mort, son ascension dans le ciel, l’envoi du Saint-Esprit, la splendeur rayonnante de Marie reçue par dessus les astres, enfin la gloire éternelle de tous les saints associés à la gloire de la Mère et du Fils.
La série ordonnée de toutes ces merveilles est fréquemment et assidûment présentée à l’esprit des fidèles et se déroule comme sous leurs yeux ; aussi le Rosaire inonde-t-il l’âme de ceux qui le récitent dévotement d’une douceur de piété toujours nouvelle, leur donnant la même impression et émotion que s’ils entendaient la propre voix de leur très miséricordieuse Mère leur expliquant ses mystères et leur adressant de salutaires exhortations.


Elle est sortie, il est vrai, de la race royale de David, mais il ne lui reste rien des richesses ou de la grandeur de ses aïeux ; elle mène une vie obscure, dans une humble ville, dans une maison plus humble encore, d’autant plus contente de son obscurité et de sa pauvreté qu’elle peut plus librement élever son esprit vers Dieu et s’attacher à ce bien suprême et aimé par-dessus tout.
Et le Seigneur est avec elle, et il la comble des consolations de sa grâce ; un message céleste lui est envoyé, la désignant comme celle qui, par la vertu du Saint-Esprit, donnera naissance au Sauveur attendu des nations. Plus elle admire la sublime élévation de sa dignité et en rend grâces à la bonté du Dieu puissant et miséricordieux, plus elle s’enfonce dans son humilité, ne s’attribuant aucune vertu, et elle s’empresse de se proclamer la servante du Seigneur alors qu’elle devient sa mère. Ce qu’elle a saintement promis, elle l’accomplit avec une sainte ardeur, sa vie étant dès lors en intime communion, pour la joie et pour les larmes, avec celle de son fils Jésus.
C’est ainsi qu’elle atteindra une hauteur de gloire où personne, ni homme, ni ange, ne s’élèvera, parce que personne ne pourra lui être comparé, pour le mérite et la vertu ; ainsi la couronne du royaume d’en haut et du royaume d’ici-bas lui est réservée, parce qu’elle deviendra l’invincible reine des martyrs ; ainsi, dans la cité céleste de Dieu elle sera assise éternellement, la couronne sur la tête, à côté de son Fils, parce que constamment pendant toute sa vie, plus constamment encore sur le Calvaire, elle aura bu avec lui le calice d’amertume.


Le Rosaire en l’honneur de la Vierge Marie, dans lequel se trouvent si bien et si utilement réunis une excellente formule de prière, un moyen efficace de conserver la foi et un insigne modèle de vertu parfaite, est donc entièrement digne d’être fréquemment aux mains des vrais chrétiens et d’être pieusement récité et médité.


 

 
La Vierge à l'Enfant et aux 8 anges- 1482
 
Musée de Dahlem, Berlin
 

 

Encyclique Laetitiae Sanctae (8 septembre 1893)

Il existe un trop grand nombre de causes qui, dans une société civile, relâchent les liens de la discipline publique, et détournent le peuple de rechercher comme il le devrait, l’honnêteté des mœurs. Trois maux surtout Nous semblent les plus funestes à l’avantage commun ; les voici : le dégoût d’une vie modeste et active, l’horreur de la souffrance, l’oubli des biens éternels que nous espérons.

Nous déplorons que la société humaine souffre d’une terrible plaie : c’est qu’on néglige les devoirs et les vertus qui doivent orner une vie obscure et commune. De là vient qu’au foyer domestique les enfants se relâchent de l’obéissance qu’ils doivent à leurs parents, ne supportant plus aucune discipline, à moins qu’elle ne soit molle et ne se prête à leurs plaisirs.

Contre ce mal, il faut demander un remède au Rosaire de Marie, qui comprend à la fois un ordre fixe de prières et la pieuse méditation des mystères de la vie du Sauveur et de sa Mère. Que les mystères joyeux soient indiqués à la foule et placés devant les yeux des hommes, tels que des tableaux et des modèles de vertus : chacun comprend combien sont abondants, combien sont faciles à imiter, et propres à inspirer une vie honnête, les exemples qu’on en peut tirer, et qui séduisent les cœurs par une suavité admirable.
Qu’on se représente la Maison de Nazareth, cet asile à la fois terrestre et divin de la sainteté. Quel beau modèle on y trouvera pour la vie quotidienne ! Quel spectacle en tous points parfait de l’union au foyer ! Là règnent la simplicité et la pureté des mœurs, un accord perpétuel des esprits, un ordre que rien ne vient troubler, le support mutuel, l’amour enfin, non un amour fugitif et menteur, mais un amour consistant dans l’accomplissement assidu des devoirs réciproques et de nature à captiver tous les yeux.

Ainsi les mœurs s’adouciront sur tous les points ; la vie domestique s’écoulera au milieu de l’affection et du bonheur ; les rapports mutuels seront empreints d’une sincère bienveillance et de charité. Et si toutes ces qualités dont sera doué l’homme pris isolément, se répandent dans les familles, dans les villes, parmi tout un peuple, dont la vie se conformera à ces prescriptions, il est facile de concevoir quels profits l’Etat pourra en retirer.


Un autre mal très funeste et que Nous ne saurions trop déplorer, parce que chaque jour il pénètre les esprits plus profondément et d’une façon plus nuisible, c’est qu’on se refuse à souffrir, qu’on repousse avec violence tout ce qui semble pénible et contraire à nos goûts.
La plupart des hommes, en effet, au lieu de considérer, ainsi qu’il le faudrait, la tranquillité et la liberté des âmes comme la récompense préparée à ceux qui se sont acquittés du grand devoir de la vie sans se laisser vaincre par les dangers ou par les travaux, se forgent l’idée chimérique d’un Etat d’où serait écarté tout objet désagréable, où l’on jouirait en abondance de tous les biens que cette vie peut procurer. Un désir si violent et si effréné d’une existence heureuse est une source d’affaiblissement pour les âmes ; si elles ne tombent pas tout à fait, elles sont néanmoins énervées, de sorte qu’elles fuient lâchement les maux de la vie et se laissent misérablement abattre.

 


 
Vierge et Saint Jean Baptiste adorant l'Enfant
 
1477 Botticelli et son atelier
 
Musée Civico Placenza

Dans ce danger aussi, on peut attendre du Rosaire de Marie un très grand secours pour affermir les âmes, tant est grande l’autorité de l’exemple ; si les mystères qu’on appelle douloureux font l’objet d’une méditation tranquille et suave dès la plus tendre enfance, et si on continue à les considérer ensuite assidûment, ils nous montrent le Christ auteur et consommateur de notre foi, commençant à agir et à enseigner, afin que nous trouvions en Lui-même des exemples appropriés aux enseignements qu’Il nous a donnés sur la manière dont il faut supporter les fatigues et les souffrances. Les maux les plus pénibles, Il a voulu les subir Lui-même avec une grande résignation.
Nous le voyons accablé de tristesse au point que le sang coule de tous ses membres, comme une sueur. Nous le voyons chargé de chaînes, tel qu’un voleur, soumis au jugement d’hommes pervers, en proie à d’odieux outrages, à de fausses accusations. Nous le voyons flagellé, couronné d’épines, attaché sur la croix, regardé comme indigne de vivre longtemps, comme ayant mérité de mourir au milieu des acclamations de la foule.

Combien celui qui méditera souvent, ne se contentant pas de les contempler des yeux, de tels exemples de vertus, sentira naître en lui de force afin de les imiter ! Que la terre soit pour lui maudite, qu’elle ne produise que des épines et des ronces, que son esprit soit en proie à toutes les amertumes, que la maladie accable son corps, il n’y aura aucun mal provenant, soit de la haine des hommes, soit de la colère des démons, aucun genre de calamité publique ou privée qu’il ne surmonte par sa résignation.


Le troisième genre de maux auquel il faut chercher un remède, est surtout apparent chez les hommes de notre époque.

Les hommes adonnés aux plaisirs et égoïstes, qui laissent errer toutes leurs pensées sur les objets terrestres, et ne peuvent s’élever plus haut au lieu d’être menés par les biens dont ils jouissent à désirer plus vivement ceux du ciel, perdent complètement l’idée même de l’éternité et tombent dans une condition indigne de l’homme. En effet, la puissance divine ne peut nous frapper d’une peine plus terrible que de nous laisser jouir de tous les plaisirs d’ici-bas, mais oublier en même temps les biens éternels.
Il évitera complètement ce danger, celui qui s’adonnera à la dévotion du Rosaire et méditera attentivement et souvent les mystères glorieux qui nous y sont proposés. Dans ces mystères, en effet, notre esprit puise la lumière nécessaire pour connaître des biens qui échappent à nos yeux, mais que Dieu, Nous le croyons d’une ferme foi, prépare à ceux qui l’aiment. Nous apprenons ainsi que la mort n’est pas un anéantissement qui nous enlève et qui détruit tout, mais une migration, et pour ainsi dire, un changement de vie. Nous percevons clairement qu’une route vers le ciel est ouverte pour nous tous, et lorsque nous voyons le Christ ressusciter, nous nous souvenons de sa douce promesse : « Je vais vous préparer une place. » Nous sommes certains qu’il viendra un temps « où Dieu séchera toutes les larmes de nos yeux, où il n’y aura plus ni deuil, ni gémissement, ni douleur, mais où nous serons toujours avec Dieu, semblables à Dieu, puisque nous le verrons tel qu’Il est, jouissant du torrent de ses délices, concitoyens des saints, » en communion bienheureuse avec Marie, sa Mère et notre puissante Reine.

 

 
Vierge à l'Enfant, Saint Jean Baptiste et un ange vers 1490
 
Atelier de Botticelli . National Gallery, London
 
 
 

Encyclique Jucunda Semper Expectatione (8 septembre 1894)


Et d’abord se présentent les mystères joyeux. Le Fils Eternel de Dieu s’incline vers les hommes, fait Homme lui-même, avec le consentement de Marie concevant de l’Esprit-Saint, concipiente de Spiritu Sancto, Jean alors est sanctifié, sanctificatur, dans le sien maternel, d’un privilège insigne, et il est orné de grâces de choix pour préparer les voies du Seigneur : Ad vias Domini parandas ; c’est à la salutation de Marie visitant sa parente, sous l’impulsion de l’Esprit divin, que sont dus ces merveilleux bienfaits. Enfin, vient en ce monde le Christ, l’attente des nations : expectatio gentium ; autour de son pauvre berceau accourent les bergers et les mages, prémices de la foi, dans un saint empressement. Ils trouvent l’Enfant avec Marie sa mère : Infantem inveniunt cum Maria Matre ejus. Et bientôt, Lui, voulant par une cérémonie publique s’offrir comme Hostie à Dieu son Père, se fait porter dans le temple ; et là, par le ministère de sa Mère, il est offert au Seigneur, Sistitur Domino. Et Marie, dans le mystère de Jésus un instant égaré, apparaît anxieuse, elle cherche partout son enfant et le retrouve avec quelle joie !
Le langage des mystères douloureux est également sublime. Dans le jardin de Gethsémani où Jésus a peur, où il est triste jusqu’à la mort, et dans ce prétoire où il est flagellé, couronné de sanglantes épines, condamné au dernier supplice, on ne voit pas Marie, mais depuis longtemps déjà elle connaît et souffre ces douleurs. Lorsque devant Dieu elle s’inclina sa servante pour se relever Mère de son Fils ou lorsqu’Elle se consacra toute entière avec Jésus dans le temple, dans l’une et l’autre de ces solennelles circonstances elle s’est, dès lors, associée à la douloureuse expiation des crimes du genre humain : il est donc impossible de ne point la voir, partageant de toute la force de son âme, les angoisses infinies de son Fils et toute ses douleurs ! D’ailleurs, c’était en sa présence, sous son regard que devait s’accomplir ce divin sacrifice dont elle avait nourri la victime de sa pure substance. C’est le spectacle le plus émouvant de ces mystères : Stabat juxta Crucem Jesu Maria Mater ejus, debout, contre la Croix de Jésus était Marie, sa Mère ; pénétrée envers nous d’un amour infini qui la rendait Notre Mère à nous, offrant d’elle-même son propre Fils à la justice de Dieu, et agonisant sa mort en son âme percée d’un glaive de douleur.
Enfin, dans les mystères glorieux qui suivent, la fonction émouvante de la sublime Vierge est confirmée avec une éloquence plus grande encore. La gloire de son Fils, vainqueur de la mort, Marie en jouit silencieuse de bonheur ; ses regards accompagnent de l’expression de son amour de Mère, Jésus qui retourne dans les cieux. Elle, digne du ciel, reste sur la terre : elle veut soutenir et guider de sa sagesse l’Eglise, qui vient de naître , elle qui a pénétré au delà de tout ce qu’on pourrait croire, l’abîme insondable de la divine sagesse .

 

 

la Vierge à l'Enfant et six anges- 1490

Atelier de Botticelli, Galleria Corsini, Florence

 

Cependant, le mystère de la rédemption des hommes ne sera parfaitement accompli que lorsque sera venu le Saint-Esprit que le Christ a promis ; aussi voici Marie, présentée à notre admiration, au milieu du Cénacle. Elle est là, entourée des apôtres, priant pour eux, avec l’inénarrable gémissement de son âme, hâtant l’avènement parfait du Paraclet, don suprême du Christ, trésor, source précieuse, qui jamais ne tarira. Elle s’en va maintenant, se dirigeant vers le siècle éternel plaider notre cause, remplir un ministère qui ne cessera jamais. Nous la voyons, en effet, monter de cette vallée de larmes vers la Jérusalem Sainte, escortée, portée par les chœurs angéliques ; Nous la saluons sublime de splendeur dans la gloire des Saints ; le front éclatant d’un diadème d’étoiles, qu’y a déposé son Divin Fils, elle rayonne à ses côtés Reine de tout l’univers.

Toute grâce accordée aux hommes, arrive par trois degrés parfaitement ordonnés : Dieu la communique au Christ, du Christ elle passe à la Sainte Vierge, et des mains de Marie elle descend jusqu’à nous. Or, par la récitation du Rosaire, nous nous arrêtons plus volontiers, en quelque sorte avec plus de bonheur, sur le troisième de ces degrés, qui ont chacun leur caractère ; par la salutation angélique répétée par dizaines, nous prenons force et confiance pour gravir les deux autres degrés pour arriver, par Jésus-Christ, à Dieu son Père. Cette même salutation, nous la répétons si souvent à Marie, pour que notre pauvre et faible prière se pénètre, se fortifie de la confiance nécessaire, lorsque nous la supplions de prier Dieu pour nous, comme en notre nom à nous.


Le Rosaire si puissant pour exciter la confiance chez ceux qui prient, jouit d’une vertu égale pour émouvoir en notre faveur le cœur de la Sainte Vierge. Combien en effet, il lui doit être agréable de nous entendre et de nous voir lui tresser une harmonieuse couronne d’incomparables louanges et de prières ! Le spectacle que nous présentons lorsque nous rendons et souhaitons à Dieu la gloire qui lui est due, lorsque nous exaltons sa puissance et sa bonté, l’appelant Notre Père et lui demandons tout indignes que nous sommes, des bienfaits infinis, ce spectacle réjouit certainement les regards de Marie et à cause de notre piété, elle glorifie le Seigneur : Magnificat Dominum.

En nous voyant fidèles à cet ordre de son divin Fils, par la récitation du Rosaire, ne doutons pas que Marie ne remplisse avec plus de tendresse encore, son ministère de bonté, soyons sûrs de l'accueil souriant, maternel qu'elle fera à nos couronnes et de grâces abondantes dont elle paiera chacune de nos roses mystiques de notre Rosaire

 

Saint Dominique, détail  Fra Angelico

 

Encyclique Augustissimae Virginis Mariae (12 septembre 1897)

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Toutes les fois que, par la récitation du Rosaire de Marie, nous méditons les mystères de notre salut, nous imitons aussi parfaitement que possible l’office très saint confié jadis à la céleste milice des anges. Ce sont eux, qui ont révélé ces mystères successivement et en leur temps, qui y ont joué un grand rôle, qui ont rempli cette charge avec grand soin, dans une attitude tantôt joyeuse, tantôt affligée, tantôt triomphante. C’est Gabriel qui est envoyé vers la Vierge pour annoncer l’incarnation du Verbe éternel. Ce sont des anges, qui, dans la grotte de Bethléem, célèbrent la naissance du Sauveur. C’est un ange qui avertit Joseph de prendre la fuite et de se retirer en Egypte avec l’Enfant. Au jardin des oliviers, lorsque Jésus, accablé de douleur, répand une sueur de sang, c’est un ange qui, respectueusement, Le console. Lorsque, triomphant de la mort, Il est sorti du sépulcre, ce sont des anges qui l’annoncent aux saintes femmes. Des anges révèlent que Jésus est monté au ciel et proclament qu’Il en reviendra, environné des milices angéliques, auxquelles Il joindra les âmes des élus pour les emmener vers les chœurs célestes, au-dessus desquels a été exaltée la sainte Mère de Dieu.

 

 

Encyclique Diuturni Temporis (5 septembre 1898)

 


Mu par le désir constant de fixer, dans les convictions du peuple chrétien, la grandeur et l’efficacité du Rosaire de Marie, Nous avons rappelé l’origine, plutôt divine qu’humaine, de cette prière. Nous avons montré comment elle est une guirlande, admirablement formée, de la Salutation angélique et de l'Oraison dominicale, unies à la méditation. Ainsi composé, le Rosaire forme la plus puissante méthode de prière, bien efficace pour nous faire acquérir la vie éternelle. Outre l’excellence même des éléments, dont elle est composée, ne fournit-elle pas à notre foi un utile aliment ; et ne nous offre-t-elle pas d’insignes modèles de vertu, grâce aux mystères qu’elle présente successivement à notre méditation ?
Nous avons rappelé, en outre, que le Rosaire est d’une pratique facile, et à la portée du peuple, à qui les exemples de la famille de Nazareth offrent une image parfaite de ce devrait être la vie domestique. C’est pourquoi le peuple chrétien n’a jamais manqué d’éprouver sa très salutaire efficacité.
Pour ces motifs principalement, et parce que, d’ailleurs, Nous n’avons pas cessé, par Nos appels réitérés, de recommander la forme même du Rosaire, Nous Nous sommes appliqué, en outre, suivant la pieuse tradition de Nos prédécesseurs, à en répandre la pratique, et à en accroître la solennité.

Lettre Apostolique Parta Humano Generi (8 septembre 1901) relative à la consécration de l'église du Rosaire, à Lourdes

 


Les prières que saint Dominique, guidé et secouru par Dieu, a, le premier, composées en l'honneur de Marie ont été, à juste titre, appelées Rosaire. Car, autant de fois, en nous unissant à la louange angélique, nous saluons Marie pleine de grâce, autant de fois, par cet éloge répété, nous offrons, pour ainsi dire, à cette Vierge bénie des roses qui répandent la suavité du plus agréable parfum, autant de fois se présente à notre esprit et l'éminente dignité de Marie et la grâce infinie qui lui vient de Dieu par Jésus-Christ, le fruit de ses entrailles ; autant de fois nous rappelons les autres mérites extraordinaires par lesquels Elle a participé avec son Fils Jésus à la Rédemption du genre humain. Oh ! combien donc est douce à la Vierge Marie, combien Lui est agréable la salutation angélique, puisque, au moment où Gabriel la lui adressait, Elle comprit que, par la vertu de l'Esprit-Saint, Elle avait conçu le Verbe de Dieu !