Pourquoi devons nous prier Marie ?

est la bonne question. Pour tenter d’y répondre voici quelques histoires vraies tirées de l’ouvrage « Les gloires de Marie » par Saint Alphonse-Marie de Liguori. L’intégralité de ce livre est disponible dans la section Téléchargements, ou en cliquant directement sur ce lien: Les gloires de Marie

 

 

 

 

le Couronnement de la Vierge, Catarino, 1375

 

 

 

Marie est l'espérance de tous les hommes

On lit dans le Trésor du Rosaire, qu'un gentil homme, animé d'une grande dévotion envers la Mère de Dieu, s'était fait dans sa maison un pieux oratoire où il allait souvent prier devant une belle image de Marie, non seulement pendant le jour, mais encore pendant la nuit, interrompant son repos pour honorer ainsi sa Reine bien-aimée. Or, son épouse, personne du reste de beaucoup de piété, observant qu'il se levait dans le plus profond silence de la nuit, sortait de la chambre, et ne revenait qu'au bout d'un temps considérable, conçut malheureusement de mauvais soupçons. Tourmentée par cette cruelle épine, elle hasarda un jour de demander à son mari s'il aimait une autre femme qu'elle. Il lui répondit en souriant : " Sache que j'aime la dame la plus aimable du monde. Je lui ai donné tout mon cœur, et je mourrais plutôt que de cesser de l'aimer. Si tu la connaissais davantage, tu me dirais toi-même de l'aimer davantage. "

Il entendait parler de la Sainte Vierge, qu'il aimait d'un amour si tendre ; mais la pauvre femme, ne faisant que tomber dans une plus grande inquiétude, voulut s'assurer de la vérité et l'interrogea de nouveau, afin de savoir si c'était pour aller trouver cette dame qu'il se levait la nuit et sortait de l'appartement. Le gentilhomme, qui ne connaissait pas la violente agitation de son épouse, répondit que oui. Ainsi persuadée d'une chose qui n'était pas, et aveuglée par la passion, que fit alors cette malheureuse ? Une nuit que son mari était sorti de sa chambre à l'ordinaire, de désespoir, elle prit un couteau et se coupa la gorge ; peu après, elle expira.

Le mari, ayant accompli sa dévotion, retourne dans l'appartement, va pour se remettre au lit, et le trouve tout trempé ; il appelle sa femme, et elle ne répond point ; il la secoue de la main, et elle reste insensible. A la fin, ayant pris de la lumière, il voit le lit plein de sang et son épouse étendue morte. Il comprit alors qu'elle s'était tuée dans un accès de jalousie, et que fit-il ? Il ferma la chambre à clef, et revint à la chapelle, se prosterna devant la sainte Vierge, et là, pleurant à chaudes larmes, il se mit à dire : " Ma Mère ! voyez dans quelle affliction je me trouve ; si vous ne me consolez, à qui dois-je recourir ? Songez que c'est pour être venu ici vous honorer, que j'ai le malheur de voir mon épouse morte et damnée. Ma Mère ! vous le pouvez, ah ! réparez ce malheur ". Lorsqu'on invoque avec confiance cette Mère de Miséricorde, on en obtient tout ce qu'on veut. A peine le gentilhomme a-t-il fini sa prière, qu'il entend une servante lui dire : " Monsieur, veuillez retourner à votre chambre ; Madame vous demande ". Mais, dans l'excès de sa joie, il n'ose croire cette heureuse nouvelle : " Allez voir, répond-il, s'il est bien vrai qu'elle me demande. - Oui, dit la servante au retour, venez vite ; Madame vous attend ".

Il va, ouvre la chambre, et voit son épouse pleine de vie, qui, se jetant à ses pieds, les arrose de ses larmes et le prie de lui pardonner, en disant : " Ah ! mon fidèle époux ! grâce à vos prières, la Mère de Dieu m'a délivrée de l'enfer " ! Alors tous deux, pleurant de joie, se rendirent à l'oratoire pour remercier la bienheureuse Vierge. Le lendemain, le mari invita tous ses parents à un festin, et leur fit raconter le fait par sa femme elle-même ; celle-ci leur montra la marque de sa blessure, qui était encore visible ; et toute la famille conçut pour la divine Mère des sentiments de confiance plus vifs que jamais.

 

 

 

 

Marie réconcilie les pécheurs avec Dieu

L'histoire qu'on va lire est rapportée par Alain de la Roche et Bonifacius. Il y avait à Florence une jeune fille nommée Benoîte (Bénie), mais qui méritait bien plutôt le nom de maudite par la vie scandaleuse qu'elle menait. Par bonheur pour elle, saint Dominique vint prêcher dans cette ville. Elle alla un jour l'entendre par pure curiosité ; mais Dieu lui toucha le cœur par le moyen de ce sermon, tellement que, fondant en larmes, elle alla se confesser au Saint. Celui-ci l'entendit, lui donna l'absolution, et lui imposa pour pénitence la récitation du rosaire.

Mais bientôt, entrainée par la force de l'habitude, la malheureuse retomba dans ses désordres. Saint Dominique l'apprit, il alla trouver, et obtint qu'elle se confessât de nouveau. De son côté, afin de l'affermir dans le bien, Dieu lui fit voir un jour l'enfer, lui montra ceux qui, à cause d'elle, s'étaient déjà damnés, et la força ensuite de lire, dans un livre ouvert devant ses yeux, l'épouvantable série de ses péchés. A cette vue, la pénitente fut saisie d'horreur ; mais, pleine de confiance en la sainte Vierge, elle invoqua son secours, et comprit que cette miséricordieuse Mère lui obtenait du Seigneur le temps nécessaire pour pleurer ses énormes excès.

La vision finit là, et Benoîte se mit dès lors à vivre d'une manière exemplaire ; mais, ayant sans cesse devant les yeux l'affreux dossier qui lui avait été montré, elle adressa un jour cette prière à sa douce Consolatrice : " Ma mère, je le confesse, en punition de mes crimes, je devrais être maintenant au fond de l'enfer ; mais, puisque vous m'avez obtenu le temps de faire pénitence, ô Reine compatissante, je vous demande encore une grâce : je ne veux jamais cesser de pleurer mes péchés ; mais faites qu'ils soient effacés de ce livre ". Marie entendit sa prière, lui apparut et lui dit que, pour obtenir ce qu'elle désirait, elle ne devait jamais perdre de vue le souvenir de ses péchés et de la miséricorde avec laquelle Dieu l'avait traitée ; elle devait penser sans cesse à la passion soufferte par Jésus pour l'amour d'elle, et considérer combien de malheureux étaient damnés pour des fautes moins nombreuses que les siennes ; elle lui révéla en même temps que, ce jour-là, un enfant de huit ans devait être précipité en enfer pour un seul péché. - Benoîte ayant obéi fidèlement à la très sainte Vierge, Notre-Seigneur daigna un jour lui apparaître lui-même, et lui montrant le livre tant redouté, il lui dit : " Voici que tes péchés sont effacés, le livre est blanc ; écris-y maintenant des actes d'amour et de vertu ". C'est ce que fît Benoîte, et elle mena depuis une vie sainte, qui fut couronnée par une sainte mort.

 

 

 

 

 

 

 

Marie est tout yeux pour compatir à nos misères et les soulager

 

On lit dans les Annales des Capucins, qu'il y avait à Venise un célèbre avocat qui s'était enrichi par des moyens frauduleux et injustes ; de sorte qu'il vivait dans l'état de péché. Peut-être n'avait-il autre chose de bon que la coutume de réciter chaque jour certaine prière à la sainte Vierge ; et cependant, grâce à la miséricorde de Marie, cette pauvre dévotion lui valut d'échapper à la mort éternelle. Voici comment. Il avait eu le bonheur de se lier d'amitié avec le Père Matthieu de Basso ; et il lui faisait si souvent des insistances pour l'avoir à dîner, qu'enfin le bon religieux lui donna sa parole. En le voyant arriver, l'avocat lui dit : "Maintenant, mon Père, je vais vous faire une chose que vous n'avez jamais vue. J'ai un singe admirable qui me sert comme un valet : il lave les verres, met la table, ouvre la porte...

- Prenez garde, répondit le père, que ce ne soit pas le singe, mais quelque chose de plus ; veuillez le faire venir ici". On appelle le singe, on l'appelle encore, on le cherche partout, et le singe ne paraît point. On le trouva enfin, caché sous un lit au rez-de-chaussée, mais l'on ne put le faire sortir de là. " Eh bien ! dit alors le religieux, allons nous-mêmes le trouver ". Arrivé avec l'avocat à la retraite du singe : " Bête infernale, lui dit-il, sors à l'instant, et je t'ordonne, au nom de Dieu, de déclarer qui tu es ". Le prétendu singe répondit aussitôt qu'il était le démon. " J'attendais, ajouta-t-il, que ce pécheur laissât passer un jour sans réciter sa prière accoutumée en l'honneur de la divine Mère ; car Dieu m'avait donné la permission de l'étrangler la première fois qu'il négligerait cette pratique, et de l'emporter en enfer." Là-dessus, le pauvre avocat se jette à genoux et réclame l'assistance du serviteur de Dieu. Celui-ci le rassure, et commande à l'esprit malin de quitter cette maison, sans aucun dommage. "Je te permets seulement, ajouta-t-il, de percer le mur en signe de ton départ ". Il l'avait à peine dit, qu'on entendit un grand bruit, et l'on vit une ouverture faite au mur. A plusieurs reprises, mais toujours en vain, on essaya de la combler avec de la chaux et des pierres ; Dieu voulut qu'elle subsistât longtemps ; et l'on ne parvint à la fermer qu'en y plaçant, d'après le conseil du serviteur de Dieu, une plaque de marbre où était fixée une figure d'ange. Quant à notre avocat, il se convertit, et nous avons lieu de croire qu'il persévéra jusqu'à la mort dans ce changement de conduite.

 

 

 

 

 

Vierge noire de Besse en Chandesse, France.

 

 

Marie secourt ses serviteurs dans le purgatoire.

Le père Eusèbe Nieremberg rapporte que, dans une ville d'Aragon, une jeune fille nommée Alexandra, noble et d'une grande beauté, était recherchée avec passion par deux jeunes gens. Ceux-ci, emportés par la jalousie, se prirent un jour de querelle, tirèrent l'épée et se tuèrent l'un l'autre. Outrés de douleur, les parents tournèrent leur ressentiment contre la pauvre demoiselle, cause première d'un si grand malheur, la mirent à mort et lui coupèrent la tête, qu'ils jetèrent dans un puits. A quelque temps de là, saint Dominique passa par la ville, et, par une inspiration divine, il s'approcha du puits et s'écria : " Alexandra, venez dehors ". O prodige ! la tête de la mort apparaît, se place sur le bord du puits, et prie le saint de l'entendre en confession. Il l'entend ; puis, en présence d'une foule immense attirée par cette merveille, il lui donne la communion. Saint Dominique lui commanda ensuite de déclarer comme elle avait obtenu une si grande grâce. Alexandra répondit qu'au moment où on lui avait tranché la tête, elle se trouvait en état de péché mortel, mais que la bienheureuse Vierge lui avait conservé la vie en récompense de sa dévotion à réciter le Rosaire.

Pendant deux jours, la tête demeura ainsi vivante sur le bord du puits, à la vue de tout le monde, après quoi l'âme d'Alexandra s'en alla en purgatoire. Au bout de quinze jours, elle apparut à saint Dominique belle et resplendissante comme une étoile, et lui fit qu'un des principaux moyens de secourir les âmes dans les peines du Purgatoire, c'est de réciter pour elles le rosaire, et qu'en retour, une fois entrées en paradis, elles intercèdent pour ceux qui leur ont appliqué cette puissante prière. Quand elle eut fini de parler, le saint vit cette âme bienheureuse s'élever toute transportée de joie, vers le royaume des élus.